Les bonnes mères


 J’écris des missives joyeuses, à propos de ma vie de famille, habituellement. Simplement parce que c’est ce qu’elle est, joyeuse et simple, la plupart du temps. 

Et puis il y a les jours comme aujourd’hui. Où l’enchaînement Covid/ mastite/ retour des pollens sur une seule semaine me donne l’impression d’être punie. 

Les jours comme aujourd’hui, où les recommandations médicales font irruption comme des injonctions surréalistes dans ma vie de mère.

« Il faudrait allaiter 6 mois à deux ans » « il faut allaiter à la demande ».

Je m’arrêterai à ces deux-là. Aucune sage-femme ne me met de pression pour que je poursuive mon allaitement. La mienne est bienveillante, rassurante. Mon mari ne me met pas la pression. Mes amies ne me mettent pas la pression. 

La pression vient de la médecine, de la science que je plébiscite pourtant tous les jours. Oui, allaiter au moins six mois et à la demande «c’est mieux ».

C’est comme accoucher par voie basse, « c’est mieux ». Mais on choisit rarement sa césarienne.

C’est aussi comme éviter toute consommation d’alcool, de fromage au lait cru, de charcuterie, de tabac pendant la grossesse: « C’est mieux ». 

« C’est mieux » pour d’excellentes raisons, reposant sur des bases scientifiques assez solides.

Mais se pose-t-on parfois la question de la culpabilisation à outrance des mères? Du niveau d’exigence de la médecine justement vis à vis d’elle? De la réalité pratique de telles recommandations quand, par exemple, la jeune mère travaille 12h par jour?

Nul besoin de pression extérieure. Toutes les mères veulent le meilleur pour leur enfant.

Je suis donc pleine de doutes: comment science et médecine peuvent-elles devenir oppressives à ce point? Comment se fait-il que je n’arrive à prendre aucun recul, comme toutes les autres mères, même en sachant que mon équilibre psychique prime sur ces recommandations car il est indispensable au bien-être de mon bébé?

Beaucoup de questions et peu de réponses ce matin. Malgré mon découragement j’écris avec bébé collé à mon sein. Impossible de me résoudre à préparer un biberon, alors qu’il m’apporterait une liberté précieuse et un repos salvateur. La tétée achevée je regarde mon petit garçon dormir et je prie pour que ça dure encore un peu, pour prolonger le répit.

Être mère c’est compliqué. Être une bonne mère encore plus. Être mère et médecin, je vous laisse imaginer…







Commentaires

  1. Bonsoir,
    je pense que je vous comprend. Cette semaine j'ai du me résoudre à laisser mon fils prendre un premier biberon de lait maternisé après 3 mois d’allaitement exclusif. Je dois reprendre le travail davantage, je suis fatiguée voire épuisée, mais je culpabilise quand même. Je ne blâme pas du tout les autres mères, celles qui biberonnent depuis la naissance, mais je culpabilise quand même. J'ai tenté de tirer mon lait sans grand succès par manque de temps, j'ai repoussé au maximum mais je culpabilise quand même. Je vous souhaite bon courage et tentons d'être plus indulgentes avec nous-mêmes, car c'est vrai, on fait de notre mieux.

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    1. Merci pour votre réponse!! J espère que votre sevrage s est finalement passé en douceur… 😉

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